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Suivi de grossesse sans gynécologue : une sage-femme peut-elle suffire ?

Suivi de grossesse sans gynécologue : une sage-femme peut-elle suffire ?
30/08/2026
En Belgique, une sage-femme peut seule assurer votre suivi prénatal. Découvrez quand le gynécologue devient indispensable et comment éviter les doublons inutiles

En Belgique, une femme enceinte à faible risque consulte en moyenne 14,8 fois pendant sa grossesse, soit quatre rendez-vous de plus que les recommandations les plus larges. Ce surplus s'explique souvent par des doublons inutiles entre sage-femme et gynécologue, faute d'information claire sur le rôle de chaque professionnel. Pourtant, la loi belge autorise la sage-femme à assurer seule un suivi de grossesse sans gynécologue, à condition que la grossesse soit physiologique. Sage-femme installée à Beaumont, Linda Leleu accompagne les futures mamans à domicile avec une approche personnalisée, fondée sur l'écoute et la compétence clinique. Comprendre qui fait quoi, quand le gynécologue devient nécessaire et comment organiser son parcours prénatal dès le départ : voilà précisément ce que cet article vous propose d'éclaircir.

Ce qu'il faut retenir
  • La sage-femme belge est légalement habilitée à assurer seule le suivi d'une grossesse physiologique (Arrêté royal du 1er février 1991), à condition que le haut risque ait été préalablement exclu — elle dispose d'un numéro INAMI et d'un droit de prescription autonome.
  • Même avec un suivi principal par la sage-femme, deux consultations gynécologiques restent obligatoires (premier et dernier trimestre), notamment pour les échographies de datation et morphologique.
  • L'INAMI rembourse jusqu'à 12 séances prénatales par grossesse chez la sage-femme, et depuis le 1er juillet 2024, la préparation à la naissance est remboursée jusqu'à un plafond de V110 par grossesse (environ 11 séances individuelles ou 22 séances en groupe de 6 à 10 personnes).
  • Le suivi postnatal par la sage-femme couvre une visite par jour de J0 à J5, puis jusqu'à 9 visites supplémentaires à partir de J6 (dont 6 de droit et 3 sur motivation médicale), complétées par une consultation de bilan entre la 6e et la 8e semaine post-partum.

Ce que la loi belge permet à la sage-femme : une autonomie méconnue

Un cadre légal explicite, mais largement ignoré

La profession de sage-femme reste l'une des plus méconnues du grand public belge, comme le souligne la Revue Médicale de Bruxelles. Beaucoup de femmes enceintes ignorent qu'une sage-femme dispose d'une compétence légale pleine et entière pour assurer le suivi d'une grossesse normale. L'Arrêté royal du 1er février 1991 et l'article 62 de la loi coordonnée du 10 mai 2015 l'établissent sans ambiguïté : la sage-femme « est habilitée à assumer sous sa responsabilité la surveillance de femmes enceintes pour lesquelles une grossesse à haut risque a été exclue, à pratiquer les accouchements dont l'évolution sera très probablement eutocique et à soigner et accompagner la mère et l'enfant au cours du post-partum normal. » Cette formulation — issue du texte consolidé jusqu'au 12 juin 2019 — établit explicitement que l'autonomie de la sage-femme est conditionnée à l'exclusion préalable du haut risque, et non à une absence de tout risque.

Le SPF Santé publique confirme cette position en ces termes : « En l'absence de risque, la sage-femme travaille en toute autonomie. » Concrètement, cela signifie qu'elle dispose d'un numéro INAMI, d'un droit de prescription médicamenteuse autonome — encadré par les arrêtés royaux de 2013 et 2018 — et qu'elle peut poser le diagnostic de grossesse sans passer par un médecin. Elle prescrit par exemple l'acide folique, les prises de sang nécessaires et les échographies de datation. Pour bénéficier d'un accompagnement prénatal complet, il suffit donc de contacter directement une sage-femme dès le test de grossesse positif.

Deux actes réservés au médecin

Deux actes restent toutefois en dehors de son champ d'exercice direct. La sage-femme prescrit les échographies mais ne les réalise pas elle-même : c'est un médecin spécialisé (radiologue ou gynécologue) qui s'en charge. De même, elle peut entretenir une péridurale, mais ne peut pas l'administrer. En dehors de ces deux exceptions, son autonomie clinique couvre l'ensemble du parcours prénatal d'une grossesse normale.

À noter : la distinction entre sage-femme et doula est essentielle pour éviter toute confusion. La sage-femme est un professionnel de santé réglementé par la loi belge, titulaire d'un numéro INAMI et d'un droit de prescription autonome. La doula, en revanche, n'a aucun statut légal en Belgique, ne dispose d'aucun numéro INAMI et ne peut réaliser aucun acte médical ; son activité n'est que partiellement remboursée selon les mutuelles (Conseil Fédéral des Sages-Femmes, Avis 2023/06). Confondre les deux peut amener à sous-estimer la compétence médicale réelle de la sage-femme, ou à attribuer à la doula des actes qu'elle ne peut légalement pas effectuer.

Grossesse physiologique ou à risque : une frontière qui peut bouger

Le caractère physiologique : une définition précise

La possibilité d'un suivi de grossesse sans gynécologue repose sur une distinction fondamentale : le caractère physiologique ou pathologique de la grossesse. Une grossesse est considérée comme physiologique lorsqu'elle porte un seul fœtus, qu'elle se déroule entre 37 et 42 semaines d'aménorrhée, et qu'aucune pathologie n'est détectée. Chez une femme en bonne santé, la grossesse est présumée normale tant qu'aucun signe d'alerte n'apparaît.

Ce statut n'est cependant pas figé. Une grossesse peut basculer à tout moment vers un suivi à risque — par exemple si un diabète gestationnel se déclare, si la tension artérielle augmente de manière anormale, ou si un retard de croissance fœtale est constaté. C'est précisément ce statut évolutif qui détermine si la sage-femme peut continuer à assurer le suivi en totale autonomie ou si elle doit collaborer avec un médecin spécialiste.

Les actes que la sage-femme réalise seule

Dans le cadre d'une grossesse physiologique, la liste des actes que la sage-femme réalise seule est large :

  • Consultations prénatales mensuelles (une par mois les sept premiers mois, puis plus fréquentes)
  • Prises de sang et monitoring fœtal (cardiotocographie)
  • Prescriptions médicamenteuses autorisées et prescription des échographies
  • Préparation à la naissance et suivi postnatal à domicile
  • Épisiotomie et suture lors de l'accouchement
  • Gestes d'urgence en attente d'une intervention médicale

Conseil : pour qu'une séance prénatale soit attestable et donc remboursée par l'assurance soins de santé, elle doit impérativement comprendre des examens techniques obstétriques : vérification du bien-être fœtal (auscultation des bruits du cœur), mesure de la tension artérielle, prise du poids, entre autres. Une séance limitée à de l'information sans aucune prestation technique ne peut pas être facturée sous le code de nomenclature « séance prénatale d'obstétrique », sous peine d'amendes en cas de contrôle INAMI. Pensez à vérifier ce point avec votre sage-femme dès votre première consultation.

Deux rendez-vous gynécologiques restent indispensables, même avec un suivi sage-femme

Un suivi de grossesse sans gynécologue ne signifie pas zéro contact avec un médecin. Même lorsque la sage-femme assure l'intégralité de l'accompagnement prénatal, deux consultations gynécologiques restent systématiquement prévues en Belgique : une au premier trimestre et une au cours du dernier trimestre. C'est la loi qui l'impose : la sage-femme doit engager la femme enceinte à se soumettre à un examen médical à ces deux étapes clés.

Ces rendez-vous ont une fonction bien précise. Ils permettent notamment la réalisation des échographies — l'échographie de datation au premier trimestre et l'échographie morphologique entre la 18e et la 22e semaine, recommandée par le KCE pour le dépistage des malformations fœtales. Ils servent aussi à valider l'absence de pathologie évolutive et à confirmer que la grossesse peut continuer d'être suivie en autonomie par la sage-femme.

Un conseil pratique : planifiez ces deux rendez-vous dès le début de votre suivi. Les délais d'attente chez certains gynécologues peuvent être longs, et anticiper vous évitera de vous retrouver sans disponibilité au moment où ces consultations deviennent nécessaires.

Exemple concret : Amandine Vrancken, 31 ans, habitante de Froidchapelle, a choisi un suivi principal par sa sage-femme dès son test de grossesse positif. Dès la première consultation, sa sage-femme a prescrit l'acide folique, la première prise de sang et l'échographie de datation. Elle a également planifié les deux rendez-vous gynécologiques obligatoires — le premier à 12 semaines d'aménorrhée, le second à 36 semaines — en anticipant les délais de prise de rendez-vous du cabinet gynécologique le plus proche. Résultat : neuf consultations prénatales au total sur l'ensemble de la grossesse (sept chez la sage-femme, deux chez le gynécologue), un suivi fluide et sans doublon, et un reste à charge limité au ticket modérateur grâce au conventionnement INAMI de sa sage-femme.

Quand le gynécologue devient-il véritablement indispensable ?

Les facteurs de risque préexistants

Certaines situations cliniques imposent une orientation médicale, que la sage-femme est formée à détecter. Des facteurs de risque préexistants à la grossesse — comme une obésité avec un IMC supérieur ou égal à 35, un sous-poids avec un IMC inférieur à 18 kg/m² au premier contact, une hypertension chronique, des antécédents de diabète gestationnel ou de grossesse compliquée — nécessitent un suivi collaboratif dès le départ. Le KCE (rapport 248B) identifie également d'autres situations imposant cette orientation : un âge inférieur à 16 ans au moment de l'accouchement, un statut d'immunisation insuffisant (absence de vaccination contre l'hépatite B, la rubéole, absence d'antécédents de varicelle, toxoplasmose, cytomégalovirus) ou encore un milieu socio-économique défavorisé (bénéficiaires de l'intervention majorée — BIM). Dans tous ces cas, la sage-femme seule ne suffit pas : un gynécologue-obstétricien doit être impliqué d'emblée.

Les pathologies qui apparaissent en cours de grossesse

D'autres pathologies peuvent survenir en cours de grossesse. Le diabète gestationnel, dont la prévalence atteint jusqu'à 14 % des grossesses en Belgique selon les données de l'AIM, en est un exemple fréquent. La pré-éclampsie, identifiable par une tension artérielle diastolique supérieure ou égale à 90 mmHg, constitue un autre signal d'alerte majeur. S'y ajoutent la menace d'accouchement prématuré, le retard de croissance fœtale, le placenta prævia, une grossesse gémellaire ou encore une malformation détectée à l'échographie.

Dans toutes ces situations, la sage-femme ne disparaît pas du parcours de soins. Elle continue souvent d'assurer une partie du suivi — monitoring, préparation à la naissance, accompagnement émotionnel — mais en collaboration avec le gynécologue-obstétricien et sous sa responsabilité. C'est ce modèle de suivi partagé que le KCE recommande dans son rapport de 2023 sur le référencement des grossesses à bas risque. Ce même rapport (KCE 363B) souligne cependant que les relations interprofessionnelles entre sages-femmes et gynécologues restent encore marquées par un « contexte historique de hiérarchie » et une division des compétences issue de parcours de formation dissociés — ce qui explique en partie pourquoi de nombreuses patientes belges continuent de se tourner systématiquement vers un gynécologue, même pour une grossesse entièrement physiologique, par habitude culturelle et non par nécessité médicale.

À noter : pour les femmes à faible revenu ou en situation socio-économique fragile, l'ONE (Office de la Naissance et de l'Enfance), en Communauté française de Belgique, propose des consultations prénatales gratuites assurées à la fois par des gynécologues et des sages-femmes, remboursées par la mutuelle, le fonds ONE et le CPAS. Cette ressource est particulièrement utile pour les bénéficiaires de l'intervention majorée (BIM) ou pour toute femme rencontrant des contraintes financières dans l'organisation de son suivi prénatal.

Le bon équilibre : la sage-femme au centre, le gynécologue en appui ciblé

Moins de consultations, un remboursement optimisé

Le modèle préconisé par les autorités belges — KCE et SPF Santé publique — est clair : pour une grossesse à bas risque, le suivi principal est assuré par la sage-femme, tandis que le gynécologue intervient pour les actes spécialisés et le dépistage de pathologies. Ce partage intelligent des rôles présente des avantages concrets pour vous.

D'abord, une réduction significative du nombre de consultations. Pour une femme multipare sans complication, un programme de sept consultations seulement est recommandé sur l'ensemble de la grossesse. Ensuite, un remboursement optimisé : l'INAMI prend en charge jusqu'à 12 séances prénatales par grossesse chez la sage-femme. Depuis le 1er juillet 2024, le plafond de remboursement INAMI pour la préparation à la naissance est fixé à V110 par grossesse, ce qui correspond à environ 11 séances individuelles, ou 13 séances en groupe de 2 à 5 personnes, ou 22 séances en groupe de 6 à 10 personnes — ces formats étant combinables entre eux. Si la sage-femme est conventionnée, vous bénéficiez du tiers-payant et votre reste à charge se limite au simple ticket modérateur.

Les bons réflexes dès le test positif

Un réflexe à adopter dès le test de grossesse positif : contactez directement une sage-femme. Elle peut prescrire votre première prise de sang et votre première échographie de datation sans que vous ayez besoin de consulter au préalable un gynécologue. Pensez aussi à déclarer votre grossesse à la mutuelle dès le premier trimestre pour activer vos droits au remboursement.

Un suivi qui dépasse largement l'accouchement

Le rôle de la sage-femme ne s'arrête d'ailleurs pas à l'accouchement. Elle accompagne également les femmes en période préconceptionnelle et assure le suivi postnatal jusqu'aux un an de l'enfant, garantissant un continuum de soins cohérent. Les visites postnatales à domicile — remboursées par l'INAMI à raison d'une par jour entre le jour de la naissance et le cinquième jour, puis jusqu'à neuf visites supplémentaires à partir de J6 (dont six accordées de droit et trois nécessitant une motivation médicale) — sont particulièrement précieuses dans un contexte où les séjours en maternité se raccourcissent. Au-delà de ce quota total, une prescription médicale est obligatoire pour maintenir le remboursement. À noter que depuis le 1er décembre 2023, un code de nomenclature spécifique (code 428735) existe pour les visites postnatales à domicile réalisées un week-end ou un jour férié à partir de J6.

Une visite de suivi postnatal entre la 6e et la 8e semaine après la naissance est également recommandée, indépendamment des visites à domicile. Cette consultation tardive permet un bilan médical et psychologique complet de la mère, incluant notamment un dépistage de la dépression post-partum et une évaluation de la récupération physique — un rendez-vous souvent méconnu mais essentiel pour accompagner les femmes dans cette période de transition.

La sage-femme belge peut également accompagner des accouchements physiologiques dans plusieurs cadres distincts : à domicile (si la grossesse est normale), en maison de naissance, ou en chambre physiologique d'un hôpital. Au CHU Brugmann, par exemple, deux chambres sont entièrement gérées par des sages-femmes en autonomie depuis 2024, avec des obstétriciens disponibles à proximité. Le choix du lieu d'accouchement appartient à la femme, et la sage-femme peut accompagner ces différentes options dans le cadre légal belge.

Choisir une sage-femme comme référente principale de votre grossesse physiologique, c'est faire le choix d'un suivi complet, autonome et personnalisé, avec le gynécologue comme partenaire ciblé plutôt que comme passage obligé à chaque consultation.

Conseil : si vous souhaitez accoucher à domicile ou en maison de naissance, abordez ce projet avec votre sage-femme dès les premières semaines de grossesse. Elle pourra évaluer si votre situation le permet, vous informer sur les conditions requises, et vous accompagner dans la préparation de ce choix en toute sécurité. Quel que soit le lieu choisi, la sage-femme assure une continuité de soins — du suivi prénatal au retour à domicile — qui constitue un véritable atout pour vivre cette expérience sereinement.

Un accompagnement de proximité à Beaumont avec Linda Leleu

Sage-femme à domicile à Beaumont, Linda Leleu propose un accompagnement global qui couvre le suivi de grossesse, le monitoring fœtal, la préparation à la naissance — notamment par l'Hypnonatal, une approche favorisant la détente et la gestion des émotions — ainsi que les soins postnataux pour la mère et le nouveau-né (y compris la consultation de bilan entre la 6e et la 8e semaine après la naissance). Conventionnée INAMI, elle travaille en collaboration avec les autres professionnels de santé lorsque la situation l'exige, tout en plaçant l'écoute, la bienveillance et la relation de confiance au cœur de sa pratique.

Si vous êtes enceinte ou si vous envisagez une grossesse dans la région de Beaumont, n'hésitez pas à contacter Linda Leleu pour organiser votre suivi dès les premières semaines. Un accompagnement personnalisé, à domicile, dans le respect de votre rythme et de vos besoins : c'est le cadre idéal pour vivre cette étape importante avec sérénité.